Vendredi fou

Le vendredi fou ou vendredi noir sont des traductions de Black Friday, terme emprunté aux autorités policières qui désignait à l’origine les bouchons de circulation et l’achalandage pendant le temps des achats des fêtes. Si le terme vendredi noir est une traduction plus littérale, c’est le terme vendredi fou qui a pris le dessus dans le Canada français, rendant plus compte de la folie de cette fête.

Une fête, oui, c’est ce qu’est devenue cette journée : une célébration de la consommation. Les détaillants baissent leur prix en ligne comme en magasin dans le but d’attirer des clients et de les voir repartir avec un panier plein d’articles. Ils ne perdent certainement aucun profit à donner des rabais de 80 % sur l’électronique, du moins tant que les consommateurs repartent avec un panier rempli. Leur plus grande peur : un client qui passe à la caisse avec qu’un seul article, avec ce qu’il avait besoin. Je suis certaine que ça leur donne des cauchemars. Mais, la chance ! ça n’arrive presque jamais. Pourquoi ?

C’est simple. Nous vivons dans un monde de matérialisme, mais pas de la bonne sorte de matérialisme. Juliet Schor, analyste de la culture de consommation, présente deux sortes de matérialisme : celui qui est le plus présent aujourd’hui et le vrai matérialisme. La première façon de consommer est une consommation axée sur l’esthétique, sur le bien paraitre. On consomme beaucoup plus sur ce que le public va voir : la maison, l’auto, le sac à main, les vêtements, etc. que sur ce que les gens ne verront pas nécessairement. Non seulement ça, mais la mode changeant rapidement, on achète, on jette et on rachète quelque chose de plus in. Parce que ces objets perdent de la valeur sociale, on les change. On est matérialiste, mais on ne pense plus à la matérialité des choses. Le vrai matérialisme est donc de se rendre compte de l’importance des biens matériels et de leur conférer cette importance. Dépenser plus pour des biens qui durent plus longtemps, qui ont une moins grosse empreinte écologique, qui apporteront plus de satisfaction, etc.

Mais si l’environnement n’est pas une motivation suffisante, il faut penser à son porte-feuille. Une famille canadienne moyenne doit 8 500 $ (The average Canadian owes $8,500). Ce n’est pas si mal vous dites. Attendez un peu. 8 500 $ de dettes de consommation, EN EXCLUANT L’HYPOTHÈQUE. Si on exclut de cette moyenne ceux qui disent ne pas avoir de dettes de consommation, le nombre monte à 15 473 $. C’est énorme ! C’est seulement la moyenne canadienne des dettes de consommation. Imaginez les hypothèques. Imaginez les deux combinés (les chiffres datent de 2017). Tout ça parce que l’on veut plus que ce que l’on peut se permettre. Et ne vous méprenez pas, les gens s’en inquiètent, mais qui peut résister au vendredi fou ?

Je ne vous souhaite qu’une chose pour cette semaine : repartir des magasins avec qu’un seul article dans votre panier. Encore mieux : aucun.

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